Moulage pour les livres d’histoire du design

Récemment, j’ai lu dans le numéro 30 d’AZIMUT, revue de design et de recherch, p44 la lettre écrite par Alessandro Mendini (architecte et designer italien) à Julia Lohmann (designer allemande). Ce dernier réagit à propos du tabouret de Julia Lohmann, intitulé “the Lasting void”. Ce tabouret en plastique est réalisé en utilisant comme moule l’intérieur vidé d’une carcasse d’un animal mort. Outre le malaise provoqué, ce projet incarne pour Mendini u ne phase de décadence du design. Le design à notre époque ne serait pas motivé par des éthiques et des valeurs, mais par une obligation d’accomplir des gestes extrêmes pour trouver des nouveautés et des langages.

Le but ? Pour François Bauchet (designer Français) ce serait une “compétition à la médiatisation, une course à la nouveauté” et pour Mendini une entrée dans les livres d’histoire. S’il faut faire du sensationnel pour recevoir une lettre d’Alessandro Mendini et entrer dans les livres d’histoire, allons-y. Donc aujourd’hui comment faire du sensationnel en ne respectant pas l’éthique. Faisons des tabourets d’intérieur de corps.
Le premier sera un moule d’intérieur de poule que j’aurais préalablement mangé.
Évidemment c’est trop petit pour s’asseoir. Faisons 4 autres intérieurs de poulets et superposons-les. Voilà parfait. Par contre je ne sais pas si c’est assez sensationnel.

Moulons autres choses. Essayons avec l’intérieur d’une mouche. Ce qui nous donne ceci :


C’est un peu petit. Grossi, l’intérieur de la mouche donnerait cela. Moulons un millier d’intérieurs de mouches que nous superposons pour former le tabouret sensationnel.

Ça fonctionne, mais est-ce assez sensationnel? Allons plus loin. Moulons l’intérieur d’un stégosaure.

Un peu grand pour un tabouret? Comment faire du sensationnel ? Peut-être en moulant l’intérieure de ma grand-mère? Et puis non, j’abandonne la compétition au sensationnel, et adieu la lettre d’Allessendro Mendini que je ne recevrais jamais. Je me contenterais de vos merveilleux commentaires.
rodolphe dogniaux design matin